Transdialectique

Praeambulum II

/ persona(e) : Brigade Pierre Martello / écho(s) : #Nietzsche #marteau #idole / espace(s) : @Nihilisme intraveineuse
Praeambulum II

III.

Eine andere Genesung, unter Umständen mir noch erwünschter, ist Götzen aushorchen… Es giebt mehr Götzen als Realitäten in der Welt: das ist mein »böser Blick« für diese Welt, das ist auch mein »böses Ohr«… Hier einmal mit dem Hammer Fragen stellen und, vielleicht, als Antwort jenen berühmten hohlen Ton hören, der von geblähten Eingeweiden redet — welches Entzücken für Einen, der Ohren noch hinter den Ohren hat, — für mich alten Psychologen und Rattenfänger, vor dem gerade Das, was still bleiben möchte, laut werden muss… A.S.N.

Une autre guérison, le cas échéant que je souhaite encore plus, est le sondage des idoles… Il y a plus d’idoles que de réalités en ce monde : c’est mon « mauvais œil » pour ce monde, c’est aussi ma « mauvaise oreille »… Ici même, poser les questions avec un marteau et, peut-être, comme réponse entendre ce fameux son creux qui parle de viscères gonflés — quel enchantement pour quelqu’un qui a encore des oreilles derrière les oreilles, — pour moi vieux psychologue, joueur de flûte, attrapeur de rats, qui justement oblige à s’ébruiter ce qui aimerait demeurer silencieux… A.D.T.

Ah ! Il existe encore une guérison, méconnue des faibles volontés : ausculter les idoles ! Que d’idoles, quel foisonnement de leurs ombres, si nombreuses, elles assaillent réalités, multiplication des réalités en le monde : mon « mauvais œil », je le jette à ce monde ! « Mauvais œil » ou « mauvaise oreille », les questions sont cadencées par le marteau, il bat viscères et gonflements, il scande le son creux, formidable du putride — seul celui qui s’offre des oreilles derrière les oreilles entend l’incantation du vivant, — pour moi, antique psychologue à l’antique esprit, je joue de la flûte et je conduis les rats hors de la ville, je suis sorcier de la santé publique, la grande santé qui ne laisse aucun répit aux lâchetés qui se dissimulent dans nos villes saines et réservées… A.D.M.

N’est-il pas si formidable que l’esprit lourd de notre époque projette ses propres lourdeurs dans le marteau du vieux psychologue ? N’est-il pas si extravagant de concevoir la percussion comme celle, précise et révélatrice, du marteau du médecin ? N’est-il pas si insensé de se défaire de la masse et de son imaginaire, et de ressentir jusque dans ses os la foudre protectrice d’un Mjöllnir du pauvre ? Jusque dans sa chair, le marteau magnifiant la chair, celui de Bernini ? N’est-il pas si étonnant que le marteau à réflexes se soit imposé comme le symbole de l’auscultation ? N’est-il pas si baroque qu’il se soit démultiplié dans la pratique thérapeutique à la suite même des écrits du joueur de flûte ?

Il faut aller à la guerre avec un marteau, mais le marteau de l’orfèvre, qui a le savoir de la rareté et de la sublimation de la rareté. Est né de l’ancêtre celui qui s’élève par la nature et élève la nature par son élévation, qui ne se contente pas de ce qui se présente devant lui, mais représente la matière pour mieux se représenter lui-même, avec conscience des mystères, de cet ancêtre, de sa forge, de sa force et de son feu, l’outil des acuités, terreux de ciels.

Par le marteau, les mondes n’ont eu de cesse de dresser des idoles, mais le marteau étranger aux agitations malsaines de ces mondes entretient l’esprit de l’ancêtre, de sa forge, de sa force et de son feu, dans l’attente que le fin psychologue vienne saisir sa puissance pour marteler toutes ces vieilles chapelles qui se sont élevées malgré lui, et trouver en chacune d’entre elles la clef de voûte à abattre. Devient alors possible un merveilleux champ de ruines et d’espoir !

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